Ceux
qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale espéraient
une réconciliation franco-allemande, ont peut-être
croisé, en leurs débuts, les Equipes
d'Accueil et d'Amitié.
Leur
fondatrice, Marie-Madeleine Renand, membre de la communauté
apostolique Saint-François Xavier, enseignait
l'allemand à Sainte-Marie de Neuilly.
Très
tôt, elle avait été attirée
par la culture germanique. Au cours de sa vie d'étudiante,
elle avait noué outre-Rhin des amitiés
dont la fidélité ne s'était jamais
reprise. Devant les déchirures que la guerre
inflige aux relations humaines, elle sentit naître
en elle sa vocation d'artisan de paix. Une inspiration
de cette force trouve ses moyens d'action. A son initiative,
l'été 1948, de jeunes Allemandes et
de jeunes Françaises, quinze jours durant,
se réunirent à Beuron, pour des échanges
fraternels, en zone d'occupation française.
Belle audace de la part des Allemands qui se prêtèrent
à cet accueil, et Marie-Madeleine, venue à
bout des entraves administratives et diplomatiques
qui menaçaient de faire capoter l'entreprise.
Au
retour de Beuron, on se mit à l'ouvrage : il
fallait trouver des personnes qui accueilleraient
des étudiantes allemandes, les logeraient,
leur procureraient du travail. Pour les initier à
la culture française, on les invitait chaque
semaine à des rencontres avec des étudiantes
françaises : chaque soirée commençait
par une petite conférence suivie d'échanges.
Là se forma et se vécut l'esprit des
Equipes. Marie-Madeleine Renand
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les avaient créées dans le mouvement
de sa vocation à Saint-François-Xavier
: s'adressant à des jeunes, elle faisait des
Equipes un espace éducatif où, dans
un climat de liberté, allaient de pair les
exigences culturelles de bon niveau et l'attention
à tout éveil spirituel.
ll
est un autre aspect des Equipes sans lequel elles
ne seraient pas devenues ce quelles sont : leur insertion
au cœur des problèmes contemporains. Elles
le doivent à l'estime et à la confiance
de quelques personnalités prestigieuses qui
ranimaient l'espérance au lendemain du cataclysme
: Robert Schuman, Maurice Schumann, Robert Garric,
Edmond Michelet,... Auprès d'elles, comme du
côté allemand, les Equipes ont trouvé
ressourcement et caution. En hommage de reconnaissance,
l'ambassadeur d'Allemagne remit à Marie-Madeleine
la croix d'officier du Mérite de la République
fédérale d'Allemagne.
Les
Equipes ne sont pas restées prisonnières
des conditions de leur apparition. Elles ont élargi
leur espace géographique d'accueil à
des étudiants d'Europe, d'Asie, d'Afrique et
d'Amérique. Sous la Présidence de Gaud
Galtier, à qui Marie-Madeleine les a remises,
elles poursuivent leur route, attentives aux appels
de mondes étudiants en constante mutation,
dans la fidélité à l'inspiration
qui les a fait naître.
Jeanne CARON
(Docteur ès Lettres, communauté Saint-François-Xavier)
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