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Suzanne Michaux naquit le 7 mai 1908. Ses parents étaient de modestes épiciers. Lorsque son père mourut, des suites de la guerre de 14-18 où il avait été gazé, sa mère dut abandonner l'épicerie et devint infirmière. Suzanne, bien que fille unique, ne put poursuivre ses études et se mit au travail comme ouvrière tout en apprenant le métier de dessinatrice industrielle. Militante de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, elle vécut alors, disait-elle, les plus belles années de sa vie. La crise des années trente, puis la guerre, lui ont donné, en effet, l'occasion d'un apprentissage de l'action, au plus près des réalités sociales, où elle s'est forgé un tempérament de femme lucide, bonne et volontaire à la fois.

S
on militantisme l'avait mise en présence de jeunes-filles en grande difficulté : parents tués dans les bombardements, foyer détruit, éducation compromise, absence de qualification... En 1945, elle avait alors 37 ans, elle prit sur elle de sortir ces filles de la détresse. Elle démissionna de son emploi dans une entreprise qui fabriquait des chaudières de chauffage et, avec l'appui de la J.O.C, elle trouva à Villabé (aujourd'hui dans l'Essonne) une grande maison pour y créer, dans l'urgence, sans en avoir les moyens,
La maison de Villabé,

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et en dépit des fortes réticences de l'Education Nationale, un Collège
Technique destiné aux jeunes-filles des milieux défavorisés. Sa première idée était de faire de ces filles des employées de maison, comme il y en avait encore, avant et pendant la guerre. C'est pourquoi, au départ, les élèves y devaient faire elles-mêmes le ménage comme la cuisine. Quelques bénévoles venaient parfaire leur éducation, leur apprendre l'économie ménagère et les initier au soin des enfants.
L
e budget de l'établissement était mince et les "restrictions" n'étaient pas encore abolies, mais Suzanne Michaux fit face, vivant à la dure avec "ses" filles, imposant un rythme de travail soutenu et une discipline militaire : saluts au drapeau matin et soir, horaires stricts, règlement rigoureux, sorties un dimanche sur deux...
B
ientôt, cependant, Suzanne Michaux, saisissant le sens des changements qui se produisirent dans les années d'après-guerre, organisa son Collège Technique de manière à offrir une formation professionnelle plus ambitieuse correspondant aux emplois maintenant proposés aux femmes et au désir d'autonomie des jeunes-filles. Les études furent alors divisées, au-delà d'un tronc commun, en trois sections spécialisées : coupe et couture, puériculture et service social, assistance ménagère. En 1951, le Collège recevait une centaine d'élèves, toutes pensionnaires, reçues après le Certificat d'études primaires, pour trois années d'études. La maison s'avéra bientôt trop petite et mal adaptée. De plus, pour répondre aux exigences de l'Académie, il aurait fallu y faire des travaux que personne ne pouvait payer. Un déménagement s'imposait donc.

En 1952, Suzanne Michaux réussit à faire transférer son Collège, sans en interrompre l'activité, non loin de là, à Etiolles, au Château des Coudraies. (ci-contre. si vous souhaitez agrandir l'image, cliquez sur le libellé ou sur la photo...).Elle surmonta ensuite toutes les difficultés, qui n'ont pas manqué, et dût se battre souvent contre l'Académie et contre les professeurs de l'Education Nationale. Soutenue par quelques élus, dont le Maire communiste d'Etiolles, elle adapta sans cesse les enseignements...

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