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de son collège pour former des milliers d'élèves aux métiers qui se sont progressivement ouverts aux femmes. L'établissement est aujourd'hui un lycée professionnel mixte de l'hôtellerie.

Suzanne Michaux dut abandonner son poste pour soigner un cancer dont elle devait guérir. Elle avait alors 62 ans et encore beaucoup d'énergie. Le choc fut d'autant plus rude que, demeurée célibataire, elle se trouvait seule désormais. Sa mère après avoir pris sa retraite d'infirmière-chef dans une clinique de Versailles était, en effet, décédée. Les deux femmes avaient connu une même passion

 
dévorante pour leur travail et vécu l'une et l'autre dans la plus grande simplicité, sans jamais rien dépenser. Suzanne Michaux abandonna le pied-à-terre qu'elle avait à Versailles pour acheter, avec ses économies, au 71 de l'avenue de Paris, le petit immeuble qui fut jadis la maison des Demoiselles d'Honneur de Madame Elisabeth, sœur du roi Louis XVI. Elle vendit le terrain à l'arrière, s'installa au second étage et loua le reste de l'immeuble.
Sa vie prit un tour nouveau, plus paisible, mais elle ne cessa de penser aux autres. L'une de ses anciennes élèves des temps héroïques, qui fut de celles qui lui vouèrent, fidèlement, une grande reconnaissance jusqu'à sa mort, en témoigne : « Elle était toujours à l'écoute des enfants, des jeunes, des malades, des personnes dans le besoin, des plus démunis et des déracinés. Elle savait offrir, à chacun, l'aide, le réconfort et les bons conseils dont il avait besoin, et toujours avec une grande gentillesse. Elle ne pensait qu'à donner d'elle-même, notamment aux jeunes en difficulté, pour qu'ils trouvent du travail, pour qu'ils découvrent un monde fait d'autre chose que de la violence et de la misère, pour qu'ils ne désespèrent pas. Les derniers jours de sa vie, elle réconfortait encore, régulièrement, un jeune malade du sida... »

L
es forces déclinant, le cercle de son existence se resserra et les visites s'espacèrent Elle conserva néanmoins quelques amis : d'anciennes élèves, d'anciens locataires, un prêtre âgé avec lequel elle avait des conversations théologiques longues et animées, une dame de la paroisse qui lui portait la communion tous les dimanches, un visiteur de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul... Un locataire, qu'elle considérait comme un fils, s'occupait de ses affaires et répondait à ses exigences croissantes.


S
ur la fin, et comme sa santé l'abandonnait, elle accepta d'aller dans une Maison de retraite. Entre cette Maison, qu'elle trouvait trop luxueuse, et la clinique où elle fit plusieurs séjours, elle ne survécut que six » mois. Elle s'éteignit en Février 2000, à 92 ans, et fut inhumée à Versailles au cimetière Saint-Louis. Elle avait tout prévu, y compris les textes de la messe de ses funérailles. Elle avait légué ses biens aux Orphelins d'Auteuil, à ATD Quart Monde, aux Petits Frères des Pauvres et à la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Elle avait aussi dressé une liste des personnes qu'elle aimait, notamment de ses anciennes élèves demeurées en contact avec elle, pour que chacune d'elles reçoive une petite somme d'argent.

La Société de Saint-Vincent-de-Paul a affecté le legs reçu de Suzanne Michaux à la fondation de l'Association qui porte maintenant son nom afin qu'elle aide des personnes modestes, et plus particulièrement des jeunes, à créer leur propre emploi.

 

L'association Suzanne Michaux est affiliée à l'Union des Œuvres françaises de Saint-Vincent de Paul

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